Le patrimoine de l’aviation bretonne - Présentation générale 

Depuis peu, quelques musées d'aviation tentent de s'organiser en Bretagne ; timidement car pour les Bretons eux mêmes, leur région n'est pas de celles qui ont joué un rôle important dans l'histoire de l'aéronautique.

Pourtant, dès le XIXème siècle, des Bretons ont pris part au débat scientifique.

Parmi les partisans du « plus léger que l'air » se tenait Stanislas Dupuy-de-Lôme (né à Ploemeur, Morbihan), tandis que ceux du « plus lourd que l'air » avaient pour chef de file Gabriel de la Landelle (de famille brestoise et malouine) qui imposa le mot "aviation" à la langue française. Grâce à lui nous connaissons aussi Le Bris, Béléguic et les frères du Temple qui constituaient « l'école flottante » des pionniers du vol humain.

Sans avoir jamais été totalement abandonnée, la question fut relancée en 1908, en Bretagne comme ailleurs. Saint-Brieuc et Vannes fondèrent alors les premiers « aéro-clubs » de la région, afin de soutenir des inventeurs locaux, comme Vasserot à Binic ou Gross à Vannes. Le mouvement toucha également Nantes et Rennes en 1909, et la même année Yves Le Prieur (né à Lorient) fut le premier à voler au Japon sur un planeur de sa conception.

Ailleurs, les municipalités se contentèrent d'organiser des fêtes publiques en faveur du commerce local ou pour soutenir la grande souscription nationale au bénéfice de l'aviation militaire et maritime.

Les liens de la région avec cette arme en devenir qu'était alors l'aéronautique navale, datent de cette époque, mais surtout de 1917-1918, lorsque la menace sous-marine allemande obligea les alliés à faire protéger leurs navires par des hydravions, des avions et des ballons dirigeables ou captifs. Aucune autre région ne connut alors une telle concentration de forces aéronavales, tant françaises qu'américaines.

Lorsque la paix venue, les premiers aérodromes permanents ont été créés, beaucoup le furent, par commodité, sur des grèves planes et sans entretien. On y trouvait des écoles de pilotage et même des compagnies aériennes.  

 

Aujourd’hui, l'Aérospatiale de Saint-Nazaire ne fabrique plus d'hydravions, mais les liens historiques de la Bretagne et de l'aviation maritime sont encore là, comme nous le rappellent les Bases aéronavales de Landivisiau, Lann-Bihoué et Lanvéoc-Poulmic.

Et si on cherche ce passé, hormis quelques stèles dédiées à des héros (Bourhis à Bannalec, Carré au Faouët, Maneyrol à Frossay etc...) c'est encore vers le littoral qu'il faut se tourner. Les CAM de 1917, les aérodromes de 1930, les industries et les BAN de 1939 y ont laissé des traces encore visibles.

Quant aux hommes, beaucoup ont disparu, la plupart discrètement, mais leurs enfants ont parfois repris leur suite. Il y a des familles bretonnes qui connaissent aujourd'hui leur quatrième génération d'aviateurs.

 

Thierry Le Roy

 

 

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